• HUBERT DAMISCH LE JUGEMENT DE PARIS

    HUBERT DAMISCH LE JUGEMENT DE PARIS 

    Le jugement de Pâris - ce premier « jugement de goût » - s'inscrit au départ d'une suite d'événements tragiques dont on veut qu'il corresponde à l'entrée de l'humanité européenne dans l'histoire. La fable a fonctionné, au regard de la tradition, comme une figure exemplaire du malaise que Freud déclare inhérent à la civilisation : la culture occidentale n'a-t-elle pas récusé comme une faute, sinon comme une version païenne du péché originel, le choix de Pâris en faveur de Vénus, et d'une forme de beauté directement liée à la sexualité, là où Minerve et Junon personnifiaient au contraire la force, la sagesse et la souveraineté ? L'art européen n'a pas cessé de travailler sur la donnée que lui fournissait le mythe, tout en frayant de nouvelles voies qui recoupaient celles de la littérature et de la philosophie. Du « chefd'oeuvre » de Raphaël (Le jugement de Pâris, gravé par Marcantonio Raimondi) au Déjeuner sur l'herbe de Manet, revu par Picasso, et de Cranach à Rubens et à Watteau, une histoire se noue qui tourne tout entière autour de la question de la beauté dans son rapport au règne du désir et à la pulsion scopique.
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